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LAPIERRE MARKET
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Cinq pièces vintage italiennes encore peu recherchées

Strips de Cini Boeri, Componibili, Universale de Joe Colombo, Soriana de Tobia Scarpa, Plurimi de Gabriella Crespi : cinq pièces reconnues par l'histoire du design, encore peu demandées sur le marché vintage.

Cinq pièces vintage italiennes encore peu recherchées

Sur le marché du mobilier vintage, l'attention se concentre sur quelques modèles très connus : le Togo de Ducaroy, la Panton chair, le lounge chair des Eames, le canapé de Florence Knoll. Ce n'est pas qu'elles soient trop chères. Elles sont rééditées et abondantes, et l'offre courante limite l'écart entre une pièce ancienne et une pièce récente. D'autres modèles, signés par des designers de premier plan, circulent à des prix plus modérés parce que le grand public les connaît moins que les ouvrages spécialisés. Les cinq présentées ici en font partie. Nous parlons de leur conception, de leur éditeur et de leur rareté, sans rien prédire de leur prix.

Ce que l'on entend par « peu recherchée »

Une pièce est peu recherchée quand il existe un écart net entre sa reconnaissance par l'histoire du design (musées, monographies, expositions) et la demande qu'elle suscite sur le marché de l'occasion. Cet écart peut se réduire après une rétrospective, une vente publique qui fixe un prix de référence, ou une présence régulière dans la presse spécialisée, mais rien ne garantit qu'il se réduise. À l'inverse, une pièce très médiatisée et produite en grand nombre reste bornée par le prix de sa réédition. Les cinq pièces ci-dessous ont un profil commun : un auteur reconnu, un éditeur historique sérieux, une production limitée ou interrompue, une présence dans des collections publiques, et une demande encore mesurée.

Les cinq pièces

Cini Boeri, Strips, Arflex (1968). Le canapé Strips, dessiné par Cini Boeri pour Arflex, a reçu le Compasso d'Oro en 1979. Il n'a pas de châssis en bois : c'est un bloc de mousse entièrement gainé d'une housse zippée, pensée pour être lavée, retirée et transportée à plat. C'est l'un des premiers canapés industriels conçus comme un objet textile. Boeri a longtemps été lue à travers ses contemporains masculins, et la réévaluation de son travail est récente. Les versions Arflex des années 1970, en housse d'origine ou avec un recouvrement documenté, restent accessibles au regard de leur importance.

Anna Castelli Ferrieri, Componibili, Kartell (1967). Les Componibili comptent parmi les rangements les plus copiés du design industriel. Les exemplaires Kartell antérieurs aux années 2000 se distinguent de la production actuelle par la qualité de l'ABS, une finition mate plus dense et des teintes arrêtées depuis. Castelli Ferrieri a joué un rôle central dans la recherche de Kartell, où elle a accompagné l'arrivée de l'ABS et du polypropylène dans le mobilier. Les pièces anciennes se reconnaissent aux marquages moulés et à la patine propre aux polymères vieillis, et leur prix reflète encore peu cette histoire.

Joe Colombo, Universale, Kartell (1967). Souvent présentée comme la première chaise entièrement injectée en ABS produite en série, l'Universale marque le passage du design italien au plastique. Joe Colombo, mort jeune en 1971, a laissé une œuvre courte et très cohérente. La demande pour Colombo se concentre sur les luminaires et sur le chariot Boby ; l'Universale en édition Kartell d'origine, dans des couleurs arrêtées, reste abordable. Sa réédition en polypropylène brouille la lecture : l'acheteur qui peut trouver le modèle neuf se détourne de l'ancien.

Tobia Scarpa, Soriana, Cassina (1969). Fauteuil et canapé, le Soriana a reçu le Compasso d'Oro en 1970. Sa construction repose sur une idée simple : la garniture n'est pas tendue sur un châssis, elle est maintenue par une armature extérieure en acier chromé qui ferme la silhouette. Tobia Scarpa, fils de Carlo Scarpa, compte parmi les designers vénitiens importants de l'après-guerre. Cassina a cessé de produire le Soriana pendant plusieurs décennies, ce qui rend les exemplaires anciens relativement rares. Une réédition récente a remis le modèle en lumière sans, pour l'instant, faire monter les prix du vintage.

Gabriella Crespi, bar Z, série Plurimi (années 1970). Crespi est un cas à part. Son travail, entre mobilier d'art et objet utilitaire, a été produit en très petites séries, souvent signées et numérotées. La série Plurimi, dont fait partie le bar Z, rassemble des meubles transformables en laiton et en bambou. L'exposition que lui a consacrée le Palazzo Reale de Milan en 2011 a fait connaître son travail au-delà du cercle des spécialistes, mais les pièces signées en bon état restent moins recherchées que celles des Italiens plus connus comme Ponti ou Sottsass. La production est limitée et des archives existent, ce qui facilite l'authentification.

Ces cinq pièces ont quatre points communs : une qualité de conception reconnue par un Compasso d'Oro, une rétrospective ou une présence dans un musée ; un éditeur historique (Arflex, Kartell, Cassina, les ateliers de Crespi) ; une relative rareté due à une production interrompue ou limitée, à la différence du Togo ou de la Panton, produits sans interruption depuis cinquante ans ; une reconnaissance récente que le grand public n'a pas encore suivie.

Sources

Les éléments biographiques et techniques s'appuient sur des sources publiques : monographies, archives en ligne d'Arflex, de Kartell (Kartell Museo, à Noviglio) et de Cassina, archives Gabriella Crespi. Pour vérifier les prix, les ventes publiques de référence restent Phillips, Wright (Chicago), Christie's, Piasa et Artcurial. L'ADI tient à Milan le registre public des lauréats du Compasso d'Oro. Nous ne citons aucun chiffre : les prix observés ces dix-huit derniers mois restent irréguliers, et une seule vente ne fait pas une tendance. Pour notre lecture des prix sur une plus longue période, voir l'évolution des cotes depuis 2015.

Quand l'une de ces pièces passe chez LAPIERRE MARKET, nous indiquons son édition et son origine quand elle est connue, nous photographions les marquages et nous signalons les éléments remplacés. Si vous en cherchez une en particulier, écrivez-nous avec vos critères.

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Auteur

Nicolas Bret

Fondateur LAPIERRE MARKET — chineur, photographe, et seul interlocuteur derrière le site.

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