Michel Ducaroy (1925-2009) a beaucoup dessiné pour Ligne Roset, et il reste pourtant peu étudié. Pendant des décennies, ses modèles ont fixé l'esthétique de Ligne Roset et, plus largement, celle du canapé bas français des années 1970. Parmi les dizaines de modèles qu'il a dessinés, sept sont présentés ici : Togo, Yoko, Kali, Kashima, Marsala, Brigantin et Adria. Pour chacun, nous indiquons ce qui le caractérise et, pour l'acheteur, ce qui distingue un premier modèle d'une réédition.
Michel Ducaroy
Formé aux Beaux-Arts de Lyon, Ducaroy fait l'essentiel de sa carrière chez Ligne Roset, à Briord, où il dirige le bureau de création. Son travail porte sur deux éléments : la mousse et le pli de la housse. Là où ses contemporains pensent le canapé comme une structure en bois habillée, Ducaroy le pense comme une masse de mousse tenue par une housse. C'est ce qui donne à ses pièces leur silhouette basse et enveloppante.
Le Togo a reçu le prix René-Gabriel en 1973.
Les sept modèles
1. Togo (1973)
Le plus connu. Entièrement en mousse polyéther, sans structure. Cinq modules existent au catalogue : fauteuil, chauffeuse, méridienne, deux places et trois places. Il est produit sans interruption depuis 1973, ce qui complique la datation (voir notre guide d'authentification du Togo).
2. Kali
Canapé bas à structure modulaire, avec une assise profonde. Moins connu que le Togo, il est plus élaboré techniquement : le Kali intègre un piétement caché et des accoudoirs amovibles.
3. Yoko (1973)
Édité en même temps que le Togo, le Yoko a une silhouette plus droite, avec un dossier haut. Sa production a été plus courte, et un Yoko d'époque en bon état est aujourd'hui nettement plus rare qu'un Togo équivalent.
4. Kashima
Canapé bas à grandes assises carrées, avec une housse très matelassée. Le Kashima a connu plusieurs générations de production, dont une reprise dans les années 2010. Un exemplaire de première génération se reconnaît à la densité de sa mousse et à la profondeur des plis du matelassage.
5. Marsala
Fauteuil bas à coque enveloppante, moins répandu que le Togo et le Kali. Il intéresse depuis quelques années les acheteurs qui cherchent des pièces de Ducaroy moins connues.
6. Brigantin
Canapé modulaire plus structuré, plus proche de l'esprit « bureau des années 1970 » que les autres modèles. Il est aujourd'hui moins recherché.
7. Adria
Ensemble de sièges bas à coussins amovibles et à structure apparente. On le trouve rarement, et on le confond parfois avec des sièges bas d'autres fabricants de la même période.
Premier modèle ou réédition : ce qui change
Plusieurs de ces modèles ont été réédités par Ligne Roset, en continu (Togo, Kashima) ou par périodes (Yoko, Kali). Entre un premier modèle et une réédition récente, trois choses changent :
- La mousse. Les mousses polyéther des années 1970 n'ont pas les mêmes caractéristiques que les mousses actuelles (résistance, densité, durée de vie). Une pièce d'époque, même bien conservée, n'a pas la même tenue.
- Les housses. Les tissus d'origine (bouclette grosse maille, velours côtelé, Alcantara de première génération) ne sont plus produits à l'identique. Les rééditions utilisent des revêtements équivalents mais différents.
- Les marquages. L'évolution des étiquettes permet une datation assez fiable, documentée dans les archives Ligne Roset.
Au-delà du Togo
Pour qui s'intéresse au mobilier français des années 1970, Ducaroy ne se résume pas au Togo. Les six autres modèles présentés ici sont moins connus, souvent moins chers, et montrent d'autres façons dont il a travaillé la mousse et la housse. Un Togo, un Kali et un Yoko réunis donnent déjà une bonne idée de ce qu'a été le canapé français de cette décennie.
Questions fréquentes
Ligne Roset a-t-elle réédité toutes les pièces de Ducaroy ? Non. Le Togo et le Kashima sont produits en continu ou presque ; le Yoko et le Kali ont été repris ; le Brigantin, le Marsala et l'Adria ne sont plus produits.
Comment distinguer un Ducaroy d'un canapé anonyme de la même période ? Par le marquage Ligne Roset, la qualité de la mousse, la régularité des coutures matelassées, et par comparaison avec les catalogues d'époque.
Une pièce de Ducaroy est-elle un placement ? Nous ne la présentons pas ainsi. Les modèles moins connus (Yoko, Adria, Marsala) coûtent moins cher qu'un Togo et sont plus demandés qu'il y a quelques années, mais rien ne garantit l'évolution d'un prix. Choisissez une pièce pour son état, son confort et la place qu'elle aura chez vous.
Où se documenter sur Ducaroy ? Dans les archives Ligne Roset (catalogues 1970-1990), les ouvrages sur le design français du XXᵉ siècle (éditions Norma, éditions du Regard) et les catalogues de ventes Artcurial consacrés au design français.
Un Togo et un Kali vont-ils bien ensemble ? Oui : ce sont deux typologies différentes, une assise sans structure et un canapé structuré, par le même designer, à quelques années d'écart.
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