La Pipistrello a été dessinée par Gae Aulenti en 1965 pour l'éclairage des showrooms Olivetti à Paris, et elle est éditée depuis par Martinelli Luce, à Lucques. Elle associe un pied télescopique en acier laqué à un diffuseur en méthacrylate opalin dont la silhouette évoque les ailes de la chauve-souris qui lui donne son nom. Sa production ne s'est jamais interrompue en soixante ans, ce qui la rend difficile à dater pour qui ne connaît pas ses signes.
Genèse : Olivetti, Paris, 1965
En 1964, Olivetti confie à Gae Aulenti, alors jeune architecte milanaise formée au Politecnico, l'aménagement de son showroom parisien, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Aulenti conçoit un éclairage sur mesure : une lampe à pied télescopique qui peut suivre la hauteur variable des comptoirs et diffuser une lumière indirecte vers le haut. La première Pipistrello sort des ateliers Martinelli Luce en 1965. Elle entre rapidement au catalogue et se diffuse en Italie, puis en Europe.
Aulenti l'a reprise dans plusieurs de ses propres aménagements. De son vivant, la Pipistrello est devenue la pièce la plus associée à son nom, avant la table à roulettes pour Fontana Arte ou l'aménagement du musée d'Orsay.
Les variantes : tailles et finitions
Le catalogue Pipistrello s'organise autour de quatre variantes.
Pipistrello (hauteur de 66 à 86 cm, télescopique)
C'est le modèle historique de 1965, dont le pied télescopique se règle entre 66 et 86 cm de haut, sur une base en fonte d'aluminium laquée. C'est la version la plus produite, la plus recherchée, et celle dont les prix sont les plus faciles à lire.
Pipistrello Mini (hauteur fixe de 35 cm)
Introduite bien plus tard, la Mini reprend la silhouette sans le système télescopique. C'est une pièce contemporaine, pas une pièce vintage au sens strict.
Pipistrello Medio (non télescopique)
Version intermédiaire, moins diffusée, et rare sur le marché d'occasion.
Éditions de couleur
En soixante ans, la base de la Pipistrello a connu plusieurs couleurs :
- Blanc et noir, les teintes historiques, jamais interrompues.
- Orange, vert, rouge, bronze : séries plus courtes, dont des éditions limitées des années 2000 à 2020.
- Chrome : édition spéciale des 50 ans (2015), produite en série numérotée.
Comment dater une Pipistrello
La production continue rend la datation délicate, mais plusieurs indices réunis permettent de situer une lampe à la décennie près.
La base et son marquage
- Productions 1965-1975 : base en aluminium coulé assez lourde, laque appliquée à la brosse avec de fines traces, tampon Martinelli Luce gravé ou peint.
- Productions 1980-2000 : fabrication plus industrielle, ajout d'une étiquette autocollante.
- Après 2000 : marquage au laser, références produit standardisées, souvent un numéro de série sur les éditions spéciales.
Le diffuseur
Le méthacrylate opalin jaunit légèrement avec le temps. Une Pipistrello présentée comme datant de 1970 avec un diffuseur parfaitement blanc a probablement reçu un diffuseur de remplacement. C'est courant et acceptable, mais le prix doit en tenir compte.
Le système électrique
Les lampes produites avant 1990 ont des douilles et un câblage conformes aux normes de leur époque. Un câblage neuf sur une base ancienne indique une remise aux normes : ce n'est pas un défaut, simplement un fait à connaître.
Prix constatés en 2026
D'après les ventes récentes chez les marchands et en salle des ventes (Artcurial, Piasa, Wright à Chicago), les prix se situent approximativement dans les fourchettes suivantes. Ce sont des ordres de grandeur observés, pas des estimations garanties :
- Pipistrello 86 cm blanche ou noire, années 1970, bon état : 1 800 à 2 800 euros.
- Pipistrello 86 cm dans une couleur plus rare : 2 500 à 4 500 euros.
- Pipistrello chromée de l'édition numérotée des 50 ans : 3 500 à 5 500 euros.
- Pipistrello Mini récente, d'occasion : 400 à 700 euros.
- Pipistrello 86 cm neuve chez Martinelli Luce : autour de 1 200 euros dans une teinte standard.
Ces montants varient selon l'état du diffuseur, la présence de la base d'origine et l'existence de documents de provenance.
Un premier achat raisonnable
La Pipistrello n'est pas une pièce rare. Elle doit sa place à la justesse de ses proportions et à une production restée continue. Pour un premier achat dans le design italien vintage, c'est un choix simple : les prix sont lisibles, les points de contrôle peu nombreux et les copies moins répandues que pour d'autres classiques.
FAQ
Existe-t-il des contrefaçons de Pipistrello ? Oui, mais elles sont moins répandues que pour d'autres classiques italiens. Le point de contrôle le plus fiable reste le marquage Martinelli Luce sous la base.
Peut-on remplacer le diffuseur d'une Pipistrello ancienne ? Oui, Martinelli Luce vend les diffuseurs en pièce détachée. La lampe reste authentique, mais elle n'est plus entièrement d'origine aux yeux d'un collectionneur.
La Pipistrello LED est-elle vintage ? Non. La version LED est une évolution récente, pratique à l'usage, sans intérêt particulier pour un collectionneur.
Quelles éditions de couleur sont les plus recherchées ? Les couleurs rares et l'édition chromée des 50 ans (2015).
Gae Aulenti a-t-elle dessiné d'autres luminaires importants ? Oui, notamment la Giova pour Fontana Arte (1964) et la King Sun pour Kartell (1967), mais la Pipistrello reste la pièce la plus associée à son nom.
À lire aussi
Par
LaPierre Market

