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La fibre de verre dans le mobilier : coques d'origine et rééditions

Les coques en fibre de verre du milieu du XXe siècle : la recherche des Eames, la différence entre une coque d'origine et le polypropylène réédité, le liseré « zenith », le vieillissement et la réparation.

La fibre de verre dans le mobilier : coques d'origine et rééditions

Au début des années 1950, la coque en fibre de verre a permis de produire en série des sièges d'une seule pièce, légers, solides et confortables, là où le bois moulé montrait ses limites. Ces coques sont aujourd'hui recherchées, mais le marché mêle des pièces d'origine en fibre de verre et des rééditions en polypropylène d'aspect proche. Pour un acheteur, il est utile de savoir les distinguer, de comprendre comment une coque vieillit et comment l'entretenir.

La recherche des Eames

L'histoire de la coque en fibre de verre est liée à Charles et Ray Eames. Leurs recherches sur l'assise moulée, d'abord en contreplaqué puis en métal, aboutissent au début des années 1950 à une coque en plastique armé de fibre de verre produite en série. Sa fabrication pour Herman Miller est confiée à un industriel spécialisé, et le siège devient l'un des premiers meubles à coque plastique fabriqués en grande série.

Le principe est simple : une seule pièce moulée épouse le corps, sans rembourrage, dans un matériau à la fois souple et solide. La coque se monte sur différents piétements (base en fil d'acier, pieds en bois, base pivotante), fixés par des plots en caoutchouc qui amortissent les contraintes. En Europe, Vitra produit aujourd'hui ces modèles sous licence ; aux États-Unis, ils restent associés à Herman Miller.

Fibre de verre d'origine ou polypropylène réédité

C'est la distinction la plus utile. Pendant des décennies, les coques ont été produites en fibre de verre. Les rééditions ont ensuite employé le polypropylène, un plastique injecté d'aspect plus lisse, avant que la fibre de verre soit réintroduite sur certaines productions. Les deux matières donnent de bons sièges, mais leur aspect diffère.

Une coque en fibre de verre d'origine laisse deviner les fibres : elle est légèrement translucide et sa texture accroche la lumière. À contre-jour, ou en l'inclinant, on voit le réseau des fibres pris dans la résine. Le polypropylène est au contraire uniformément opaque et lisse. Au toucher, la fibre de verre est plus dure et plus froide, le polypropylène plus tiède et un peu souple.

Le liseré « zenith »

Sur les coques les plus anciennes, le bord forme un bourrelet arrondi, comme une corde le long du pourtour. On l'appelle « rope edge » ou liseré « zenith », du nom du fabricant des premières coques. Ce bord roulé, issu du moulage des premières séries, est un indice d'ancienneté que les collectionneurs apprécient. Les productions suivantes ont des bords plus nets ou retravaillés.

Le liseré zenith ne suffit pas à dater une pièce, mais il faut l'examiner avec attention, en même temps que les marquages et les plots de fixation.

Vieillissement et réparation

La fibre de verre vieillit bien dans l'ensemble. Ses points faibles sont l'éclat ou la fissure en cas de choc, et l'usure des plots en caoutchouc qui relient la coque au piétement. Avec le temps, ces plots durcissent, se craquellent ou se décollent. Les remplacer est une opération courante, à condition d'utiliser le bon collage pour ne pas abîmer la coque.

En surface, une coque d'origine peut présenter de fines rayures, un voile mat ou des traces d'usage. Un nettoyage doux à l'eau savonneuse suffit ; les abrasifs sont à proscrire, car ils rayent la résine et arrachent les fibres de surface. Un restaurateur peut parfois stabiliser une fissure ou un éclat, mais une coque cassée net perd de sa valeur. Le remplacement des plots, en revanche, rend la pièce de nouveau utilisable sans toucher à son authenticité, tant que la coque reste d'origine.

Acheter une coque vintage

Regardez d'abord la matière (fibre de verre translucide et texturée plutôt que polypropylène lisse), puis le bord (liseré zenith éventuel), les marquages sous la coque, l'état des plots et la présence de fissures. Une coque d'origine en bon état, sur son piétement d'époque, se vend nettement plus cher qu'une coque récente. Une coque fissurée ou remontée sur un autre piétement doit être annoncée comme telle.

Ce que nous vérifions

Quand une coque passe entre nos mains, nous l'examinons à contre-jour pour identifier la matière, puis nous regardons le bord et lisons les marquages pour situer la production, côté Herman Miller ou Vitra. Nous contrôlons les plots de fixation, que nous remplaçons si nécessaire en le signalant, et nous recherchons éclats et fissures. Les photos montrent la texture de la coque et l'état du bord.

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Auteur

Nicolas Bret

Fondateur LAPIERRE MARKET — chineur, photographe, et seul interlocuteur derrière le site.

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