Joe Colombo : du chariot Boby à l'habitat modulaire
Joe Colombo, né en 1930 et mort en 1971, le jour de ses quarante et un ans, n'a été designer qu'une dizaine d'années. Il a pourtant laissé une œuvre dense, tournée vers l'avenir : un habitat mobile et modulaire, pensé pour des espaces réduits, souples et reconfigurables. Plus que des objets isolés, il dessinait des façons de vivre.
Du pinceau au plastique
Cesare Colombo, Joe pour ses proches, commence comme peintre. Formé à l'Accademia di Belle Arti di Brera, il rejoint au début des années 1950 le Movimento Nucleare aux côtés d'Enrico Baj et Sergio Dangelo, et s'engage dans l'expressionnisme abstrait, puis dans l'art concret. Il étudie ensuite l'architecture au Politecnico de Milan. Cette double formation, artistique et architecturale, se retrouve dans tout son travail.
Le tournant a lieu à la fin des années 1950, lorsqu'il reprend l'entreprise familiale d'appareils électriques. Au contact de la production industrielle, il découvre les matériaux et les procédés qu'il utilisera ensuite : les thermoplastiques, le moulage par injection, l'ABS. En 1962, il ouvre son propre studio de design et d'architecture à Milan et se consacre désormais à l'objet.
L'habitat mobile
Ce qui distingue Colombo, c'est moins l'objet isolé que la vision d'ensemble. Il pense l'habitat comme un système d'éléments mobiles et combinables, où le meuble cesse d'être fixe pour devenir équipement. Ses recherches sur les unités d'habitation compactes, présentées dans plusieurs expositions de la fin des années 1960, dessinent un futur où cuisine, repos et travail tiennent dans des modules reconfigurables. On retrouve cette idée de modularité dans ses objets domestiques.
Boby, Universale, Spider
Le chariot Boby, conçu en 1969, en est le meilleur exemple. Cette desserte sur roulettes en ABS, avec ses tiroirs pivotants et ses casiers, condense l'idée du rangement mobile et reconfigurable. Pensée à l'origine pour les graphistes et les architectes, elle s'est ensuite installée dans toutes sortes d'intérieurs. Sa production a été assurée par Bieffeplast.
Pour Kartell, Colombo signe la chaise Universale (modèle 4860), développée entre 1965 et 1967. C'est l'une des premières chaises pour adultes entièrement moulée dans un matériau plastique, conçue pour être empilable et démontable. Elle montre son intérêt pour une production industrielle en grande série, économe en matière et en gestes d'assemblage. Kartell, l'un des premiers éditeurs à miser sur le plastique domestique, était un partenaire naturel.
Du côté de la lumière, son histoire se confond avec celle d'Oluce. Dès 1962, il développe avec son frère Gianni la lampe Acrilica, dont le diffuseur en méthacrylate courbé conduit la lumière jusqu'à son bord. Il y signe aussi la lampe Spider, au réflecteur orientable monté sur une tige métallique, qui inaugure une série de luminaires articulés. Oluce a accompagné ses idées les plus techniques.
Sur le marché vintage
Sa production a été interrompue par sa mort précoce, et les exemplaires d'époque de ses pièces les plus connues sont recherchés, d'autant que beaucoup ont été fabriquées moins longtemps que les classiques produits en continu. Comme toujours, le prix dépend surtout de l'état, de la conformité au modèle d'origine et de la traçabilité ; nous ne donnons pas d'estimation chiffrée.
Ce que nous vérifions
Chez Colombo, tout part des matériaux. Pour une chaise Universale, nous vérifions le marquage Kartell, l'état du plastique moulé, sensible aux rayures, aux déformations et au changement de teinte, et la solidité des assemblages. Pour les luminaires Oluce, nous contrôlons le diffuseur, le réflecteur orientable, le marquage et le câblage. Chaque pièce est photographiée en lumière naturelle, et sa fiche indique le modèle, la période de production estimée et l'état. Les pièces en vente sont sur la page Joe Colombo.
Par
LAPIERRE MARKET

