Ettore Sottsass a dessiné un ordinateur, une machine à écrire portative, des céramiques, des meubles en stratifié aux couleurs vives et des maisons. Né en 1917 et mort en 2007, il a travaillé pendant plus de soixante ans, et presque chaque décennie de sa carrière correspond à un autre registre. Pour qui s'intéresse au mobilier, son nom est d'abord attaché à Memphis, le groupe milanais qu'il a fondé à la fin de 1980. Mais Memphis arrive tard dans son parcours, et il se comprend mieux à la lumière de ce qui précède.
Une formation d'architecte
Ettore Sottsass naît le 14 septembre 1917 à Innsbruck. Son père, Ettore Sottsass senior, est architecte. Le fils fait à son tour des études d'architecture au Politecnico de Turin, dont il sort diplômé en 1939. Après la guerre, il s'installe à Milan et y ouvre son studio.
En 1956, il séjourne à New York et travaille un temps dans l'agence de George Nelson, alors directeur du design chez Herman Miller. Nous avons consacré un portrait à George Nelson. Il y voit de près le design industriel américain, pensé pour la production en série.
Olivetti : la machine comme objet
En 1958, Olivetti engage Sottsass comme consultant pour sa division électronique. La collaboration durera plus de vingt ans. Il dessine l'Elea 9003, l'un des premiers ordinateurs italiens, distingué par le Compasso d'Oro en 1959. Le travail ne porte pas seulement sur l'habillage : il s'agit d'organiser en armoires modulaires une machine qui occupe une salle entière, et de la rendre lisible pour ceux qui la font fonctionner.
L'objet le plus connu de cette période est plus modeste. La Valentine, machine à écrire portative en plastique rouge dessinée avec Perry A. King et commercialisée en 1969, est pensée comme un objet que l'on emporte, et non comme un équipement de bureau. Elle a été produite en grande série et se trouve encore facilement aujourd'hui.
Poltronova, les céramiques, les années 1960
Parallèlement, Sottsass devient à la fin des années 1950 directeur artistique de Poltronova, éditeur de meubles toscan. Il y dessine notamment les Superbox, de grandes armoires habillées de stratifié imprimé, à partir de 1966, puis le miroir Ultrafragola en 1970, au cadre ondulé éclairé de l'intérieur.
Un voyage en Inde au début des années 1960 marque son travail. Il réalise dans cette décennie plusieurs séries de céramiques, où les formes simples empilées et les couleurs franches annoncent déjà le vocabulaire qu'il développera plus tard.
Memphis
À la fin des années 1970, Sottsass participe aux expositions de Studio Alchimia, dont Alessandro Mendini est l'une des figures, et qui interroge la place de la décoration et du symbole dans le design. En décembre 1980, il réunit chez lui à Milan un groupe de jeunes designers, parmi lesquels Michele De Lucchi, Aldo Cibic, Matteo Thun, Marco Zanini et Martine Bedin. Le nom du groupe vient d'une chanson de Bob Dylan qui passait ce soir-là, Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again.
La première collection est présentée à Milan en septembre 1981. On y voit la bibliothèque Carlton, le buffet Casablanca et la lampe Tahiti, toutes trois de Sottsass. Beaucoup de meubles sont plaqués de stratifiés décoratifs, un matériau associé jusque-là aux cuisines et aux bars, assemblés en volumes qui se lisent comme des signes plutôt que comme des structures. La présentation suscite un large débat, et Memphis devient l'un des repères du design postmoderne.
Sottsass quitte le groupe en 1985 pour se consacrer à Sottsass Associati, l'agence qu'il a fondée en 1980. Memphis est dissous en 1988. Sottsass continue de construire et de dessiner jusqu'à sa mort, à Milan, le 31 décembre 2007.
Acheter une pièce de Sottsass aujourd'hui
Le marché de Sottsass est étendu, de la Valentine produite en grande série aux pièces de Memphis fabriquées en petit nombre. Quelques points valent pour presque toutes.
D'abord, plusieurs de ses modèles ont été refabriqués après leur première édition, et certains le sont encore. L'Ultrafragola est de nouveau produite par Poltronova, et des meubles de la collection Memphis continuent d'être fabriqués. Un exemplaire des années 1980 et un exemplaire récent n'ont pas la même valeur. Pour les distinguer, la facture d'origine, les étiquettes, la provenance et l'usure cohérente avec l'âge annoncé comptent plus que l'aspect général.
Ensuite, le stratifié vieillit d'une manière particulière. Les chants s'écaillent aux angles, les couleurs passent à la lumière, et une réparation reste presque toujours visible de près. Regardez les arêtes, le dessous des plateaux et les zones de contact au sol.
Pour les luminaires comme la Tahiti, prévoyez une vérification de l'installation électrique. Pour les céramiques, cherchez les éclats et les restaurations, qui se voient mieux à la lumière rasante.
Chez LAPIERRE MARKET
La fiche Ettore Sottsass réunit ses dates et ses principaux éditeurs. Si vous possédez une pièce de lui ou de Memphis et souhaitez la faire estimer, la page vendre explique comment nous envoyer des photos.
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