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LAPIERRE MARKET
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La chaise longue LC4 : histoire et éditions

Dessinée en 1928 par Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand, la chaise longue LC4 a connu plusieurs fabricants avant Cassina. Son histoire, et ce qu'elle implique pour qui achète un exemplaire ancien.

La chaise longue que l'on appelle aujourd'hui LC4 a été dessinée en 1928 par Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. Elle n'a reçu ce nom que bien plus tard, chez Cassina, qui l'édite depuis 1965. Entre les deux, elle a connu plusieurs fabricants et plusieurs appellations. Cette histoire a des conséquences concrètes pour qui envisage d'acheter un exemplaire ancien.

Un atelier, trois auteurs

En 1927, Charlotte Perriand rejoint l'atelier de Le Corbusier et Pierre Jeanneret, rue de Sèvres à Paris, pour s'y consacrer à l'équipement intérieur. Tous trois travaillent ensemble sur une série de sièges en tube d'acier : un fauteuil à dossier basculant, un fauteuil « grand confort » et cette chaise longue. Ils la décrivent comme une « machine à repos », qui peut servir de fauteuil, de chaise longue ou de siège à bascule.

Une photographie de l'époque, souvent reproduite, montre Charlotte Perriand allongée sur la chaise longue, la tête tournée vers le mur. Elle résume assez bien le projet : un siège qui épouse le corps au repos plutôt qu'un meuble que l'on regarde.

Un berceau posé sur un piètement

La chaise longue se compose de deux parties indépendantes. Un berceau en tube d'acier chromé, dont le profil en arc suit la position du corps, porte le matelas et un coussin cylindrique pour la nuque. Ce berceau repose librement sur un piètement distinct. En le faisant glisser, on fait varier l'inclinaison, de la position presque assise à la position allongée, et il tient en place par son propre poids, sans mécanisme ni bouton de réglage. De là vient l'une de ses appellations d'origine, la chaise longue « à réglage continu ».

Le principe est simple, mais il suppose une géométrie juste : le berceau doit rester stable dans toutes les positions sans glisser de lui-même.

Présentation et premières éditions

La chaise longue est présentée au public au Salon d'automne de 1929, à Paris, dans un ensemble consacré à l'« équipement intérieur d'une habitation ». Thonet la produit ensuite au début des années 1930, sous la référence B306, en petit nombre. D'autres fabricants, en Suisse notamment, en réalisent par la suite de courtes séries.

Heidi Weber, puis Cassina

À la fin des années 1950, la galeriste zurichoise Heidi Weber obtient de Le Corbusier l'accord de rééditer la chaise longue. La demande augmentant, elle en confie la fabrication à l'entreprise italienne Cassina à partir de 1964. En 1965, Cassina obtient les droits exclusifs de production et de commercialisation. Le Corbusier meurt en août de la même année.

Cassina donne à la chaise longue le nom de LC4, dans la collection consacrée aux meubles de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand. L'éditeur n'a pas cessé de la produire depuis, en proposant au fil du temps plusieurs revêtements, cuir, peau de poulain ou tissu, et plusieurs finitions de structure.

Ce que cette histoire implique pour un acheteur

Les exemplaires Thonet des années 1930 sont rares et relèvent des ventes aux enchères spécialisées ; on ne les rencontre presque jamais dans le commerce courant. Les éditions de Heidi Weber sont elles aussi peu nombreuses. Les LC4 anciennes que l'on trouve chez les marchands sont donc, pour l'essentiel, des Cassina.

Au sein de la production Cassina, l'âge compte. Les marquages de l'éditeur, la numérotation et leur emplacement ont changé au fil des décennies, ce qui permet de situer une pièce dans le temps, à condition de la comparer à des exemplaires documentés. Une édition ancienne et une réédition récente n'ont pas la même cote. Nous avons détaillé ces points de contrôle dans notre article sur les LC de Cassina et leurs copies.

Les points à regarder sur un exemplaire

  • La structure. Le chrome du berceau doit être régulier, sans piqûres profondes ni rechromage grossier, et les extrémités des tubes doivent être propres.
  • Le réglage. Faites glisser le berceau sur toute sa course. Il doit se déplacer sans à-coups et rester en place une fois lâché, dans chaque position.
  • Le revêtement. La peau de poulain perd ses poils aux points de frottement, et le cuir se craquelle s'il a séché. Un matelas refait n'est pas un défaut, à condition d'être signalé.
  • Le marquage. Repérez celui de l'éditeur et le numéro, et vérifiez qu'ils correspondent à la période annoncée.
  • Les proportions. La LC4 a été beaucoup copiée. Comparez avec un exemplaire documenté le diamètre des tubes, la courbure du berceau et la finition du piètement.

Chez LAPIERRE MARKET

La LC4 fait partie des modèles Cassina que nous recherchons à l'achat, au même titre que les LC2 et LC3. La fiche Charlotte Perriand revient sur le travail de l'une de ses trois auteurs, et la page vendre explique comment nous faire estimer une pièce.

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Auteur

Nicolas Bret

Fondateur LAPIERRE MARKET — chineur, photographe, et seul interlocuteur derrière le site.

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