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Harry Bertoia : le sculpteur et ses chaises en fil d'acier

Portrait de Harry Bertoia, sculpteur avant tout : la chaise Diamond et la collection de fil pour Knoll en 1952, ses sculptures sonores, et l'idée que la chaise est surtout faite d'air.

Quatre chaises Bertoia pour Knoll
Quatre chaises Bertoia pour Knoll

Harry Bertoia : le sculpteur et ses chaises en fil d'acier

Harry Bertoia (1915-1978) est venu au design presque par accident. Sculpteur de formation et de vocation, il n'a dessiné qu'une seule famille de meubles, en une seule fois, autour de 1952. Cette collection l'a rendu célèbre et a financé le reste de sa vie d'artiste. Il reste pourtant avant tout un sculpteur, qui a appliqué au mobilier, le temps d'un projet, sa manière de penser l'espace et le vide.

D'Italie à l'Amérique

Né à San Lorenzo, dans le nord-est de l'Italie, Bertoia émigre adolescent aux États-Unis. Il étudie le dessin, l'orfèvrerie et la gravure, puis enseigne et dirige un atelier de métal à la Cranbrook Academy of Art, dans le Michigan, où se croisent à la même époque Charles et Ray Eames, Florence Knoll et Eero Saarinen. C'est par ce réseau qu'il viendra à travailler pour Knoll. Bertoia n'a pas de formation de designer industriel : il vient du métal travaillé à la main et de la sculpture.

La collection de fil pour Knoll, 1952

En 1950, Knoll installe Bertoia dans un atelier en Pennsylvanie et lui laisse une grande liberté : explorer plutôt que dessiner un produit précis. De cette recherche naissent, en 1952, cinq pièces formant la collection en fil d'acier, la Bertoia Collection. Toutes reposent sur le même principe : un treillis de tiges d'acier soudées, cintré en une coque qui épouse le corps. Le fil métallique, matériau industriel, devient une surface continue et souple. Knoll édite cette collection sans interruption depuis, et c'est à sa production que l'on compare une pièce pour l'authentifier.

La pièce la plus connue est la chaise Diamond, dont la coque dessine un losange. Le succès commercial fut tel, dès le milieu des années 1950, que les redevances versées par Knoll permirent à Bertoia de ne plus jamais dépendre du mobilier et de se consacrer entièrement à la sculpture. Il n'a, de fait, jamais redessiné de meuble après cette collection unique.

« La chaise est surtout faite d'air »

La meilleure description de son travail est de Bertoia lui-même : « Si vous regardez ces chaises, elles sont surtout faites d'air, comme une sculpture. L'espace les traverse de part en part. » Là où une chaise classique est une masse, la sienne est un volume vide délimité par un réseau de lignes. La lumière passe au travers, l'ombre dessine un motif, le regard ne bute sur aucune surface pleine. Il pense la chaise comme une découpe dans l'espace, de la même façon qu'il pense la sculpture.

Cette transparence a aussi un intérêt pratique. Une chaise en fil pèse peu, se déplace facilement et n'encombre pas la pièce. C'est pour cela qu'elle trouve sa place dans des intérieurs très différents.

Les sculptures sonores

À partir de la fin des années 1950 et jusqu'à sa mort, Bertoia consacre l'essentiel de son travail à la sculpture, et notamment aux sculptures sonores qu'il nomme Sonambient. Il découvre presque par hasard, en cherchant à cintrer une tige, qu'un faisceau de tiges métalliques entrechoquées produit un son qui résonne longtemps. Il en réalise alors des dizaines, faites de tiges verticales qui résonnent quand on les effleure. Il aménage une grange près de son atelier en salle de concert, y joue ses pièces et grave une série de disques, tous intitulés Sonambient. Ces sculptures sont aujourd'hui recherchées par les musées et les collectionneurs, et rappellent que son œuvre est d'abord celle d'un sculpteur.

Chaises et sculptures

Dans l'ensemble de son œuvre, les chaises et les sculptures se répondent : le même métal soudé, cintré et travaillé à la main, la même idée d'un espace qui traverse la forme. La collection Knoll applique au corps assis la pensée du sculpteur, et c'est sans doute pour cela que ces chaises ont si peu vieilli.

Ce que nous vérifions

Pour une chaise Bertoia, nous identifions la production Knoll par le marquage, la qualité des soudures et la finition du treillis, puis nous contrôlons le métal en lumière rasante (chrome, finition extérieure ou laquage, corrosion, soudures) et le coussin d'origine quand le modèle en a un. Une restauration, si elle est nécessaire, se limite à un nettoyage et à des traitements ponctuels qui respectent la finition d'origine. La fiche de la pièce indique le modèle, la production identifiée et l'état du métal et du coussin. Les pièces en vente sont sur la page Harry Bertoia.

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Auteur

Nicolas Bret

Fondateur LAPIERRE MARKET — chineur, photographe, et seul interlocuteur derrière le site.

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