Harry Bertoia (1915-1978), sculpteur italo-américain formé à la Cranbrook Academy, dessine en 1952 pour Knoll une famille de sièges en fil d'acier soudé qui devient l'un des piliers du catalogue de l'éditeur : la Diamond Chair, la Side Chair, le tabouret et la chauffeuse assortis. « Les chaises sont principalement faites d'air, comme la sculpture », disait Bertoia, et la formule dit bien la difficulté de l'authentification. Une Bertoia est avant tout un dessin dans l'espace, facile à copier en apparence et difficile à copier avec justesse. Voici les points de contrôle.
Les modèles Bertoia pour Knoll
Diamond Chair (1952)
Fauteuil enveloppant en fil d'acier soudé, sur un piétement à quatre branches, en version standard et en version large (Large Diamond). Le coussin d'assise est vendu séparément. Finitions : chromée, bonderisée (le revêtement époxy blanc historique), puis laquée noire, et dorée en édition limitée.
Wire Side Chair (1952)
Chaise empilable à coque en fil d'acier, sur un piétement en tige d'acier. Elle existe en deux versions : Side (sans accoudoirs) et Arm (avec accoudoirs).
Tabouret et chauffeuse
Déclinaisons de la même gamme, produites en parallèle.
Dater et authentifier
Les marquages Knoll
Les pièces Bertoia anciennes portent un marquage Knoll qui a évolué avec le temps :
- De 1952 aux années 1960 : étiquette papier ou tampon « Knoll Associates », parfois retiré ou abîmé.
- Années 1970-1980 : étiquette métallique ou autocollante « Knoll International », avec une adresse à New York.
- Après 2000 : marquage laser ou étiquette codée avec les références produit.
L'absence de marquage est fréquente sur les pièces anciennes, mais il faut alors un examen technique d'autant plus serré.
Les soudures
C'est le point technique le plus révélateur. Sur une Bertoia Knoll authentique :
- Les points de soudure entre les fils sont réguliers, bien alignés et polis.
- Le nombre de points par intersection est constant pour un même modèle.
- Les fils ont exactement le même diamètre d'un bout à l'autre.
Les contrefaçons pèchent en général sur l'un ou plusieurs de ces points : soudures baveuses, points en trop ou manquants, légères variations du diamètre du fil d'une série à l'autre.
Les finitions
- Chromage Knoll : brillant, dur, régulier, sans voile bleuté ni micro-rayures en spirale, signe d'un polissage bas de gamme.
- Laque blanche bonderisée (finition historique de Knoll) : plus épaisse et plus mate que les laques industrielles actuelles. Sur une pièce ancienne, elle présente souvent de petits éclats en surface, qui témoignent de son âge.
- Fixations : sur une Knoll authentique, les points de fixation entre la coque et le piétement sont nets.
Le piétement
Sur une Diamond d'époque, le piétement est formé de quatre branches en fil d'acier plein chromé, soudées entre elles avec une platine de fixation centrale. Les copies utilisent souvent un piétement tubulaire creux, ce qui se sent immédiatement quand on soulève la chaise.
Contrefaçons : ce qu'elles ratent
Les contrefaçons de Bertoia sont très nombreuses, surtout pour la Diamond. Elles échouent en général sur :
- Le chromage (voile, teinte plus jaune, rayures en spirale).
- Les soudures (irrégulières, baveuses, ou masquées par un poudrage époxy).
- Le poids (plus léger, piétement creux).
- Le confort (le galbe de la coque est légèrement faux, et l'assise « casse » vers l'arrière).
Une Diamond Chair Knoll standard neuve coûte autour de 2 000 à 2 500 euros selon la finition. Une Diamond neuve à moins de 1 000 euros est forcément une copie.
Réédition ou originale : la question de la valeur
Knoll produit les sièges Bertoia sans interruption depuis 1952. Toutes les pièces issues de la production officielle de Knoll sont authentiques, quelle que soit leur décennie. Pour un collectionneur, c'est la période qui fait la différence :
- De 1952 aux années 1960 : pièces historiques, recherchées par les collectionneurs, surtout dans leur finition blanche bonderisée d'origine bien conservée.
- Années 1970-1980 : production en volume, achetée pour l'usage, à des prix stables.
- Après 2000 : pièces récentes, qui se revendent comme du neuf d'occasion.
Une Diamond des années 1950 dans son état d'origine peut se vendre nettement plus cher qu'une Diamond neuve. Une Diamond Knoll de 2015 vaut à peu près son prix d'achat, moins une décote d'usage.
En pratique
Sous son apparente simplicité, la Bertoia est difficile à copier avec justesse, et l'écart entre une originale et une copie se joue sur des détails fins. Pour l'acheteur, le plus sûr est de croiser le marquage, les soudures et le poids ; quand le marquage manque, les deux autres doivent être irréprochables.
FAQ
Une Diamond sans étiquette peut-elle être authentique ? Oui, c'est fréquent sur les pièces anciennes. L'authentification repose alors sur la qualité des soudures et du chromage.
Knoll certifie-t-il ses pièces anciennes ? Knoll conserve des archives pour les productions récentes. Pour les pièces de 1952 à 1980, il faut passer par des spécialistes du design américain du XXe siècle.
Les finitions dorées sont-elles authentiques ? Knoll a produit des éditions dorées limitées. En dehors de ces éditions documentées, un fini doré doit éveiller les soupçons.
Le coussin de la Diamond compte-t-il dans le prix ? Un coussin d'origine dans son coloris d'époque ajoute de la valeur à la pièce. Un coussin refait améliore le confort sans changer grand-chose au prix.
Quelles périodes sont les plus recherchées ? Les productions de 1952 à 1965 dans leur finition blanche bonderisée d'origine, avec étiquette Knoll Associates.
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