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Eero Saarinen : le modernisme organique

Portrait d'Eero Saarinen, architecte et designer finno-américain : le terminal TWA, la Gateway Arch, la série Pedestal et le fauteuil Womb pour Knoll, et la recherche d'une forme continue.

Eero Saarinen : le modernisme organique

Quand on pense à une chaise à pied unique, à une coque enveloppante, à une table sans la forêt de pieds qui encombre l'espace, on pense, souvent sans le savoir, à Eero Saarinen. Architecte et designer d'origine finlandaise, né en 1910 et disparu prématurément en 1961, Saarinen a porté dans l'Amérique d'après-guerre une vision du modernisme moins géométrique, plus sculpturale : celle d'une forme continue, organique, où la structure et l'enveloppe ne font qu'un. Son œuvre, courte mais dense, va du fauteuil au terminal d'aéroport, avec le même souci d'unité de la forme.

De Cranbrook à Yale

Eero Saarinen grandit dans un milieu où l'architecture est une seconde langue. Son père, Eliel Saarinen, architecte finlandais de renom, émigre aux États-Unis en 1923 et devient une figure centrale de la Cranbrook Academy of Art, dans le Michigan. C'est là qu'Eero se forme au contact de la sculpture et du dessin de meubles, avant d'étudier l'architecture à Yale, dont il sort diplômé au milieu des années 1930.

Cranbrook compte beaucoup dans son parcours. Eero s'y lie notamment avec Charles Eames, avec qui il explore le moulage du contreplaqué et remporte un concours du Museum of Modern Art au tournant des années 1940. C'est aussi à Cranbrook qu'il croise Florence Schust, future Florence Knoll, qui jouera un grand rôle dans la diffusion de ses meubles.

L'architecte de la forme expressive

L'architecture de Saarinen cherche une forme expressive, loin de la grille moderniste orthodoxe. Le terminal TWA de l'aéroport de New York, avec ses coques de béton déployées comme les ailes d'un oiseau, en est l'exemple le plus connu. La Gateway Arch de Saint-Louis, dont il remporte le concours à la fin des années 1940, dessine une parabole d'acier inoxydable devenue l'un des monuments les plus connus des États-Unis. S'y ajoutent le General Motors Technical Center et le terminal de l'aéroport de Dulles.

Womb et Pedestal : les meubles pour Knoll

C'est pour Knoll que Saarinen dessine l'essentiel de son mobilier. Le fauteuil Womb, conçu à la fin des années 1940 à la demande de Florence Knoll qui réclamait un siège « dans lequel on puisse se pelotonner », est une coque en fibre de verre rembourrée, enveloppante, montée sur un piétement métallique. Il rompt avec la rigidité des assises traditionnelles pour offrir une posture libre, presque repliée sur soi, d'où son nom.

Mais c'est la série Pedestal, dite Tulip, dévoilée au milieu des années 1950, qui scelle sa réputation. Saarinen y attaque ce qu'il appelait « le taudis de pieds » sous les tables et les chaises : il remplace les quatre pieds par un piétement central unique, en aluminium laqué, surmonté d'une coque moulée. Chaises, fauteuils, tables et tabourets forment une famille cohérente, d'une grande continuité de lignes. Si Saarinen rêvait d'un objet entièrement réalisé dans un seul matériau, les limites techniques de l'époque imposèrent un piétement métallique sous une coque en fibre de verre, un compromis qui ne se voit guère dans la silhouette. La production de cette série, confiée à Knoll, s'est poursuivie sans interruption depuis.

Sur le marché vintage

Les pièces Saarinen pour Knoll sont des classiques. La série Tulip et le fauteuil Womb comptent parmi les meubles modernistes les plus reconnaissables, et les exemplaires d'époque en bon état d'origine sont recherchés. Comme Knoll produit ces modèles en continu, l'enjeu pour le collectionneur est moins le modèle que la datation, l'état du plateau (marbre, stratifié ou bois selon les versions) et la traçabilité. Nous préférons documenter ces critères plutôt que d'avancer une estimation chiffrée.

Ce que nous vérifions

Pour une table ou une chaise Tulip, nous contrôlons le marquage Knoll, l'état du piétement laqué, sensible aux éclats et au jaunissement, la nature et l'état du plateau, et la solidité de la coque. Pour un fauteuil Womb, nous vérifions la coque en fibre de verre, le piétement et le recouvrement. Chaque pièce est photographiée en lumière naturelle, marquage compris, et sa fiche indique le modèle, la période de production estimée et l'état. Les pièces en vente sont sur la page Eero Saarinen.

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Auteur

Nicolas Bret

Fondateur LAPIERRE MARKET — chineur, photographe, et seul interlocuteur derrière le site.

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